Annoncer galit 68

Franois Nicolas

(sance Qui-vive du 28 fvrier 2013)

 

Six langues-personnages, joues ce soir par les acteurs suivants :

 

1. George Oppen (anglais) : Of being numerous

 

2. Ingeborg Bachmann (allemand) : On est en droit

3. Ossip Mandesltam (russe) : Nous buvons

 

4. Adonis (arabe) : Le pome de Babel

5. Spinoza (latin) : LՃthique

 

6. G. Bernanos | F. Nicolas (franais) : Mouchette | Muhammad

 

7. Chur :  Dluge de langues  /  Une arche dhommes 

 

 Songez que je vous parle une langue trangre.  Racine, Phdre, II.2

 

Ces six langues,  personnages  dgalit 68, sont musicalement configures comme langues trangres, en partie elles-mmes.

La diction de chacune, spcifiquement travaille et minutieusement note, ne cherche nullement rester  naturelle  tout en sassurant que loreille puisse comprendre ce que chacune nonce. Il sagit, ce faisant, de prsenter six  familires trangets .

 

Ce soir, la diction - mise depuis la salle et non sur scne - privilgiera le rayonnement de la voix plutt que cette adresse que la scne requiert : il sagira dune manire de se parler soi-mme ou entre voisins, en restant assis plutt quen se dressant vers un public.

1.     Anglais : George Oppen (Of being numerous) [1968]

 

Swing

 

 

7

 

Obsessed, bewildered

 

By the shipwreck  

         Of the singular

 

We have chosen the meaning  

Of being numerous.

Hants, drouts.

 

Par le naufrage

Du singulier

 

Nous avons choisi le sens

DՐtre multiples.

 

Tempo : 60 la noire (en claquant dans les doigts le  beat ).

 

Description : Macintosh HD:Users:francoisnicolas:Desktop:Oppen.jpg


 

 

1

 

There are things 

          We live among 

          and to see them 

         Is to know ourselves.

 

Occurrence, a part  

Of an infinite series,

 

The sad marvels;

Of this was told 

         A tale of our wickedness. 

         It is not our wickedness.

You remember that old town we went to,   and we sat in the ruined window,

    and we tried to imagine that we belonged to those times —     

   It is dead and it is not dead,   and you cannot imagine either its life or its death;

the earth speaks  and the salamander speaks, 

   the Spring comes and only obscures it —

Il y a des choses

         Nous vivons leur entour

           et les voir,

         cest nous connatre .

 

Occurrence, lment

Dune srie infinie,

 

Les tristes merveilles ;

 

Il en fut tir

         Un conte de notre cruaut.

         Ce nest pas notre cruaut.

 

 Tu te rappelles la vieille ville o nous tions alls, | et nous nous tions assis sur une fentre en ruine, | et nous avions essay dimaginer que nous appartenions ces temps. | Ceci est mort et ceci nest pas mort, | et nous ne pouvons imaginer ni sa vie ni sa mort ; | la terre parle | et la salamandre parle, | le printemps vient et ne fait quobscurcir tout cela

 

2.     Allemand : Ingeborg Bachmann (On est en droit) [1959] [1]

 

Cabaret (articulation axe sur les consonnes) – tempo rapide

 

Bei al-lem, was wir tun, den-ken und fh-len, mch-ten wir manch-mal bis zum u-er-sten ge-hen. Der Wunsch wird in uns wach, die Gren-zen zu -ber-schrei-ten, die uns ge-setzt sind.

In-ner-halb der Gren-zen a-ber ha-ben wir den Blick ge-rich-tet auf das Un-mg-li-che, Un-er-reich-ba-re, sei es der Lie-be, der Frei-heit o-der je-der rei-nen Gr-e. Im Wi-der-spiel des Un-mg-li-chen mit dem Mg-li-chen er-wei-tern wir un-se-re Mg-lich-kei-ten.

Da wir es er-zeu-gen, die-ses Span-nungs-ver-hlt-nis, an dem wir wach-sen, da-rauf, mei-ne ich, kommt es an; da wir uns o-rien-tie-ren an ei-nem Ziel, das frei-lich, wenn wir uns n-hern, sich noch ein-mal ent-fernt.

Dans tout ce que nous faisons, pensons et ressentons, nous aimerions parfois aller jusquՈ lextrme. En nous sՎveille le dsir de transgresser les frontires qui nous sont imposes.

De lintrieur de ces frontires, nous avons dirig notre regard vers limpossible, linaccessible, que cela concerne lamour, la libert ou toute autre valeur pure. Cest travers lopposition du possible et de limpossible que nous largissons le champ de nos possibilits.

Que nous engendrions cette tension, au contact de laquelle nous grandissons, cest l pour moi ce qui compte : que nous nous orientions vers un but qui, certes, sՎloigne chaque fois que nous nous en rapprochons.

 

 

Wie der Schrift-stel-ler die an-de-ren zur Wahr-heit zu er-mu-ti-gen ver-sucht durch Dar-stel-lung, so er-mu-ti-gen ihn die an-de-ren, wenn sie ihm, durch Lob und Ta-del, zu ver-ste-hen ge-ben, da sie die Wahr-heit von ihm for-dern und in den Stand kom-men wol-len, wo ih-nen die Au-gen auf-ge-hen.

Die Wahr-heit nm-lich ist dem Men-schen zu-mut-bar.

De mme que lՎcrivain, par ses productions, tente dencourager les autres chercher la vrit par la reprsentation, les autres lencouragent quand, par leurs louanges ou leurs critiques, ils lui font comprendre quils exigent de lui la vrit et veulent atteindre lՎtat o leurs yeux se dessilleront.

Car, de lhomme, on est en droit dattendre la vrit.

 

 

Wer, wenn nicht die-je-ni-gen un-ter Ih-nen, die ein schwe-res Los ge-trof-fen hat, knn-te bes-ser be-zeu-gen, da un-se-re Kraft wei-ter reicht als un-ser Un-glck, da man, um vie-les be-raubt, sich zu er-he-ben wei, da man ent-tuscht, und das heit, oh-ne Tu-schung, zu le-ben ver-mag.

Ich glau-be, da dem Men-schen ei-ne Art des Stol-zes er-laubt ist – der Stolz des-sen, der in der Dun-kel-haft der Welt nicht auf-gibt und nicht auf-hrt, nach dem Rech-ten zu se-hen.

Qui, sinon ceux parmi vous quun sort pnible a frapps, pourraient mieux tmoigner de ce que notre force excde notre malheur, que, lorsque beaucoup vous a t enlev, on est capable de se relever, que, mme du, ce qui veut dire sans illusions,  on peut vivre.

Je crois quest permise lhomme une forme de fiert, la fiert de celui qui, dans lobscurit du monde, ne renonce pas et ne cesse pas de  chercher ce qui est juste.

3. Russe : Ossip Mandelstam [1933]

 

Chanson populaire (avec articulation axe sur les voyelles)

 

B_и-голь-ча-тых  чум-ных  бо-ка-лах

Nous buvons la hantise des causes

 

Mы пьем  на-важ-де-нье  при-чин,

dans le ptillement vnneux de nos coupes

 

Ка-са-ем-ся  крю-чья-ми  ма-лых,

et nous frlons de nos crochets

 

Как лег-ка-я  смерть, ве-ли-чин.

des infinis subtils comme une mort lgre.

 

 

 

 

И там, где  сце-пи-лись  би-рюль-ки,

Mais o les jonchets sentremlent

 

Ре-бе-нок  мол-ча-нье  хра-нит

lenfant reste sans mots :

 

Боль-ша  все-лен-на-я  в_люль-ке

lunivers dort dans le berceau

 

У ма-леиь-кой  веч-нос-ти  спит.

dune petite ternit.

 

 

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3.     Arabe : Adonis (daprs Le pome de Babel) [1977]

Sprechgesang (parl trs modul, mais sans chanter) – tempo lent

Qui vive? Babel!

Babel est une blessure. De son sang jaillissent les misrables.

Babel est une misre. Son sang engendre les potes.

 

Voici Babel. Babel est un saut.

Babel, tu es une orbite et lHistoire est dcombres.

 

Nous nentendions rien et nous napercevions que le corps de la langue grl de cicatrices.

Clbrons la fte de la langue sauvage ! La coutume de notre voix est de crer Babel.

Nous crons Babel dans les espces et dans les genres.

Nous crons Babel dans les prires et dans les volupts.

Nous crons Babel dans les utrus et dans les linceuls.

Nous crons Babel entre le crateur et le cr.

Nous crons Babel dans les voix, dans les noms et dans les choses.

 

Babel est lavant, Babel est laprs ; Babel est la face des vivants et des morts.

Babel, nul ne la connat, nul ne lignore.

Babel, nul ne sen souvient, nul ne loublie.

 

Babel, voici ton poque, et les mots sont les mots.

Babel, voici tes pas, et les chemins sont les chemins.

Babel, tu es lenfant, tu es la mre.

 

Nous sommes venus, Babel; nous sommes venus dclarer que la posie est certitude.

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5. Latin : Spinoza (LՃthique)

 

 Chuchotement (amplifi au porte-voix)

 

hō-mo | cō-gi-tat.

Lhomme | pense.

 

qui cōr-pus ad plū-ri-ma āp-tum hā-bt, | is mēn-tm hā-bt, | cū-jus mā-xi-ma pārs | st -tr-na.

Qui a un Corps apte un trs grand nombre de choses | a un Esprit | dont la plus grande part | est ternelle.

 

quid cōr-pus pōs-sit, | nē-mo hū-cus-qu d-tr-mī-na-vit.

Ce que peut le Corps, | personne jusquՈ prsent ne la dtermin.

 

u-nā-qu-qu rēs, | quān-ti-um en s ēst, | in sū-o ēs-s | per-s-vē-ra-r cō-na-tur.

Chaque chose, | autant quil est en elle, | dans son tre | sefforce de persvrer.

 

vē-ri-tas | nōr-ma sū-i.

La vrit | est norme delle-mme.

 

hō-mi-ns | nī-hil mī-nus in po-tēs-ta-t hā-b-r, | quam līn-gu-am.

Les hommes, | il nest rien quils aient moins en leur pouvoir | que leur langue.

 

hō-mo lī-br | d nūl-la rēs | mī-nus quam d mōr-t | cō-gi-tat.

Lhomme libre | rien | moins quՈ la mort | ne pense.

 

nī-hil sin-gū-la-r | in rē-rum nā-tu-ra | dā-tur, | quod hō-mi-ni sit u-tī-li-us quam hō-mo, quī | x dūc-tu ra-tī-o-nis | vī-vit.

Aucune chose singulire | dans la Nature | nest | qui ne soit plus utile un homme quun autre homme qui | selon la Raison | vit.

 

bō-num, | quod u-nūs-quis-qu, | quī sēc-ta-tur vīr-tu-tm, | sī-bi āp-p-tit, | rē-li-quis ho-mī-ni-bus ē-ti-am | cū-pi-t.

Le bien | auquel chacun | qui suit la vertu, | aspire pour soi, | galement pour tous les autres | il le dsirera.

 

mēns hū-ma-na | non pō-tst | cum cōr-po-r | ab-sō-lu-t dēs-tru-i ; | sd ē-jus a-lī-quid rē-ma-nt, | quod -ter-num | ēst.

LEsprit humain | ne peut tre | en mme temps que le Corps | absolument dtruit ; | mais il en reste quelque chose, | qui est ternel.

 

sēn-ti-mus, | x-p-rī-mur-qu, | nōs -ter-nos | ēs-s.

Nous sentons | et savons dexprience | que nous sommes ternels.

 

sd ōm-ni-a pr-cla-ra | tam dif-fi-cī-li-a quam rā-ra | sūnt.

Mais toutes les choses prcieuses | aussi difficiles que rares | sont.

6. Franais : Mouchette / Muhammad

 

Recto tono

 

Mouchette

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Muhammad

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O-bser-ve de prs, | leau sem-blait clai re.

La va-se du fond | Ԏ-tait dun gris pres-que ve rt, |

         dou-ce_aux yeux co-mme_un ve-lou rs.

P re, | ne vois-tu pas que je br le ?

P re, | ne vois-tu pas ton fils | qui sem-bra se | et qui hu rle ?

P re, | p re, | pou-rquoi ma-ban-do-nner ain-si aux fla mmes | sans_un re-ga rd ?

 

 

Mais mi-lle fois plus dou ce | la voix | qui pa-rlait_au cur de Mou-che tte.

Est-ce voix | quil faut di re ?

Mou-che tte | Ԏ-cou-tait ce-tte voix | Ԉ peu prs co-mme_un a-ni-ma l | ce-lle de son ma tre, | qui len-cou-ra ge | et la-pai se

E-lle re-ssem-blait_ la voix de la viei-lle sa-cris-ti ne, | mais_au-ssi ce-lle dAr-s ne, | et pa-rfois m me | e-lle pre-nait la-ccent de Ma-da me.

Ce-tte voix | ne pa-rlait na-tu-re-lle-ment au-cun lan-ga ge.

E-lle nՎ-tait quun chu-cho-te-ment con-fus, | un mu-rmu re, | et qui a-llait sa-ffai-bli-ssant.

Puis | e-lle se tut | tout_ fait.

P re, | ce-tte nuit | est ce-lle de tous les in-cen-dies.

P re, | jai mal aux_yeux, | mon ven tre | se ca-lci ne | et les cro tes | me gri llent.

P re, | re-co-nnais-tu ma voix ? | Mes san-glots | ma-ffai-bli ssent | et je suis d-j loin.

 

 

Mou-che tte | se lai-ssa gli-sser sur la c te | ju-squՈ ce que-lle sen-tt le long de sa jam-be_et ju-squՈ son flanc | la dou-ce mo-rsu-re de leau froi de.

Le si-len ce | qui sՎ-tait fait sou-dain | en_e lle | Ԏ-tait_i-mmen se.

CՎ-tait ce-lui de la fou le | qui re-tient son ha-lei ne | lo-rsque lՎ-qui-li-bri ste | a-tteint le de-rnier ba-rreau de lՎ-che-lle ve-rti-gi-neu se.

La vo-lon-t d-fa-illan-te de Mou-che tte | a-che-va de sy pe rdre.

P re, | il nest plus temps da-tten dre, | je me meu rs.

P re, | pou-rquoi ne me sau-ves-tu pas ? | Pou-rquoi ain-si | me lai-sser seu l ?

P re, | cest moi qui cr-pi-te_ tes flancs, | cest mon cr ne qui -cla te, | cest mon dos quon a-tti se.

P re, | p re, | pou-rquoi ne me pa-rles-tu pas ?

 

 

Pou-r_o-b-i r, | e-lle_a-van-a un peu plu s, | en ram-pant, | u-ne de ses mains po-se con-tre la ri ve.

La sim-ple pre-ssion de sa pau me | su-ffi-sait_ main-te-nir son corps la su-rfa-ce de leau, | pou-rtant peu pro-fon de.

Un mo-ment, | par u-ne so-rte de jeu si-ni stre, | e-lle ren-ve-rsa la t-te_en a-rri- re, | fi-xant le point le plus haut du cie l.

Leau in-si-di-eu se | gli-ssa le long de sa nu que, |

         rem-plit ses o-rei-lles dun joy-eux mu-rmu-re de f te.

P re, | ma che-ve-lu re | sem-bra se.

P re, | les bran-dons | br-lent mes ci ls, | les brai ses | gon-flent mes l vres.

P re, | na-ttends pas plus long-temps, | les ti-sons | l-chent mes joues, | la cen dre | em-plit ma bou che.

P re, | jai mal aux jam bes, | lՎ-tau | me broie | et la fu-me | mՎ-tou ffe.

P re, | je ne re-pro-che rien ; | je ta-pe-rois | et tu ne me vois pas.

 

 

 

p re, | ma nu que | se bri se, | ma lan gue | se con-su me.

P re, | p re, | je meu rs | et tu nau-ras rien fait.

P re, | il est trop tard d-j, | tu sais.

P re, | gen-til p re, | mon doux p re, | a-dieu !

 

 

Et, | pi-vo-tant dou-ce-ment sur les reins, |

          e-lle crut sen-tir la vie se d-ro-ber sou-s_e lle | tan-dis que | mon-tait | Ԉ ses na-ri nes | lo-deur m-me de la tom be.

 

 

7. Chur

Dluge de langues (Adonis)

 

 Humanit, houle dferlante, dluge de langues  (Adonis)

 

 

 

 

 

 

Syllabes

(dont longues)

Accents

Franais

Hu-ma-ni-t,

hou-le d-fe-rlan te,

d-lu-ge de lan gues

14=4+5+5

 

Latin

Hū-ma-num gē-nus,

flūc-tus im-pe-tū-o-sus,

di-lū-vi-um lin-gū-a-rum

20=5+7+8

(6=2+2+2)

 

Arabe

Description : Macintosh HD:POLITIQUE:Séances Qui-vive:Arabe1.pdf

Description : Macintosh HD:POLITIQUE:Séances Qui-vive:Arabe2.pdf

Description : Macintosh HD:POLITIQUE:Séances Qui-vive:Arabe3.pdf

16=3+7+6

(8=1+3+4)

 

Russe [2]

Че-ло-ве-чес-тво,

при-бой бу-шу-ю-щий,

по-то-пом я-зы-ков

17=5+6+6

5=1+2+2

Allemand

Mensch-heit,

str-men-de Bran-dung,

Schwall von Spra-chen

11=2+5+4

5=1+2+2

Anglais

Humanity,

swelling waves,

floods of languages

 

5=1+2+2

 


 

 

Une arche dhommes (Supervielle)

 

 

Rien quun cri di-ff-r qui pe-rce sous le cu r |

Et je r-vei-lle_en moi | des -tres_en-dor-mis.

 

Un_ un, | co-mme dans_un do-rtoir sans li-mi tes, |

Tous, | dans leurs sen-ti-ments d-ges_an-t-ri-eu rs, |

Fr-les, | mais d-ci-ds me pr-ter main-fo rte.

 

Je vais, | je viens, | je les_a-ppe lle| et les_ex-ho rte, |

Les_ho-mmes, | les_en-fants, | les viei-llards_et les fe mmes, |

La fou-le_en-ti-re_et sans bi-ga-rru-res de l me

Qui ti-re sa cou-leur de li-ris de nos_yeux |

Et na droit de re-gard quՈ tra-vers nos pu-pi lles.

 

Oh ! | po-pu-la-ti-on de gens qui vont_et vie nnent, |

Ha-bi-tants d-li-cats des fo-rts de nous-m mes, |

Tou-jours la mer-ci du moin-dre coup de vent |

Et tou-jours | quand_il est pa-ss, | se re-dre-ssant.

 

Voi-l que | len-te-ment | nous nous me-ttons_en ma rche, |

U-ne_ar-che dho-mmes re-mon-tant_aux pa-tri-a rches |

Et | lor-sque lon nous voit | on di-stin-gue_un seul ho mme

Qui sa-van-ce | et fait fa ce | et r-pond pour les_au tres.

 

Se peut-il quil p-ri sse | a-lors que lՎ-qui-pa ge |

A sur-v-cu tant de vents | et de mi-ra ges.

 

***



[1] Trad. Isabelle Vodoz

[2] tchy-la-vy-tchys-tva,   pri-bo  bu-chu-yu-schu,   pa-to-pam  ya-zI-kov