Annoncer galit 68  (Qui-vive, 23 juin 2016)

 

 

 

Saint-John Perse

 

Dieu de labme, les tentations du doute | seraient promptes

         O vient dfaillir le Vent Mais la brlure de lՉme | est la plus forte,

         Et contre les sollicitations du doute, laile du Vent | soit avec nous !

 

Car au croisement des fiers_attelages du malheur, pour avoir son comble la plnitude de ce chant,

         Ce nest pas trop, Matre du chant, de tout ce bruit de lՉme

 

Le Vent | saccroisse sur nos grves et sur la terre calcine des songes !

         Les hommes_en foule | sont passs sur la route des hommes,

         Allant o vont les hommes, leurs tombes.

 

Et moi jai dit : Nouvre pas ton lit la tristesse. Les dieux | sassemblent sur les sources,

         Et cest murmure encore de prodiges | parmi les hautes narrations du large.

 

Comme on buvait aux fleuves_incessants, hommes_et btes confondus lavant-garde des convois,

         Comme on tenait | au feu des forges en plein air | le long cri du mtal sur son lit de luxure,

         Je mnerai | au lit du vent | lhydre vivace de ma force, je frquenterai le lit du vent | comme un vivier de force et de croissance,

         Les dieux qui marchent dans le vent | susciteront_encore | sur nos pas | les accidents extraordinaires.

 

Un ordre de solennits nouvelles | se compose au plus haut fate de linstant.

         Et tout cela | quun homme entend aux approches du soir, et dans les grandes crmonies majeures o coule le sang dun cheval noir

 

Sen aller ! Sen aller ! Parole de vivant.


 

George Oppen

 

Obsessed, bewildered

 

By the shipwreck  

                  Of the singular

 

We have chosen the meaning  

Of being numerous.

Hants, drouts.

 

Par le naufrage

Du singulier

 

Nous avons choisi le sens

DՐtre multiples.

***


 

 

There are things 

                  We live among 

                   and to see them 

                  Is to know ourselves.

 

Occurrence, a part  

Of an infinite series,

 

The sad marvels;

Of this was told 

                  A tale of our wickedness. 

                  It is not our wickedness.

You remember that old town we went to,   and we sat in the ruined window,

    and we tried to imagine that we belonged to those times —     

   It is dead and it is not dead,   and you cannot imagine either its life or its death;

the earth speaks  and the salamander speaks, 

   the Spring comes and only obscures it

Il y a des choses

                  Nous vivons leur entour

                    et les voir,

                  cest nous connatre .

 

Occurrence, lment

Dune srie infinie,

 

Les tristes merveilles ;

 

Il en fut tir

                  Un conte de notre cruaut.

                  Ce nest pas notre cruaut.

 

 Tu te rappelles la vieille ville o nous tions alls, | et nous nous tions assis sur une fentre en ruine, | et nous avions essay dimaginer que nous appartenions ces temps. | Ceci est mort et ceci nest pas mort, | et nous ne pouvons imaginer ni sa vie ni sa mort ; | la terre parle | et la salamandre parle, | le printemps vient et ne fait quobscurcir tout cela

 


 

 

 

Verlaine

 

Ce quil nous faut,         nous, cest,       aux lu-eurs des lampes,

La sci-en-ce con-quise et le som-meil domp-t,

Cest le front dans les mains du vieux Faust des_es-tampes,

Cest lObs-ti-na-ti-on | et cest la Vo-lon-t !

 

Cest la Vo-lon-t sainte, ab-so-lue, -ter-nelle,

Cram-pon-ne au pro-jet  | comme un no-ble con-dor

Aux flancs fu-mants de peur dun buffle, | et dun coup daile

Em-por-tant son tro-phe tra-vers les cieux dor !

 

Ce quil nous faut_ nous, cest lՎ-tu-de sans trve,

Cest lef-fort i-nou-, le com-bat non pa-reil,

Cest la nuit, l-pre nuit du tra-vail, do se lve 

Len-te-ment, len-te-ment, luvre, ain-si quun so-leil !


 

Spinoza

 

 

sd m-ni-a pr-cla-ra | tam dif-fi-ci-li-a quam ra-ra sunt.

Mais toutes les choses prcieuses | sont aussi difficiles que rares.

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ho-mo co-gi-tat.

Lhomme | pense.

 

 

v-ri-tas     nr-ma su-i.

La vrit | est norme delle-mme.

 

 

ho-mo li-br | d nul-la rs mi-nus quam d mr-t | co-gi-tat.

Lhomme libre | ne pense rien | moins quՈ la mort.

 

 

ni-hil sin-gu-la-r in r-rum na-tu-ra da-tur,

qud ho-mi-ni sit u-ti-li-us quam ho-mo,

qui x duc-tu ra-ti-o-nis vi-vit.

Dans la Nature, aucune chose singulire | nest |

qui ne soit plus utile un homme quun autre homme

qui vit selon la Raison.

 

 

bo-num,

qud u-nus-quis-qu,

qui sc-ta-tur vir-tu-tm,

si-bi ap-p-tit,

r-li-quis ho-mi-ni-bus -ti-am cu-pi-t.

Le bien | auquel chacun | qui suit la vertu | aspire pour soi, |

il le dsirera galement pour tous les autres.

 

 

sn-ti-mus,          x-p-ri-mur-qu,        ns -tr-ns s-s.

Nous sentons | et savons dexprience | que nous sommes_ternels.


 

Supervielle

 

Il vous nat_un a-mi, et voi-l quil vous cherche

Il ne con-na-tra pas vo-tre nom ni vos yeux

Mais_il fau-dra quil soit tou-ch | com-me les autres

Et lo-ge dans son cur | dՎ-tran-ges bat-te-ments

Qui lui vien-nent de jours | quil nau-ra pas v-cus.

 

Et vous, que fai-tes-vous, vi-sa-ge trou-bl,

Par ces brus-ques pas-sants, ces b-tes, ces oi-seaux,

Vous qui vous de-man-dez, vous, tou-jours sans nou-velles,

 Si je croi-se ja-mais un des_a-mis loin-tains

Au mal que je lui fis | vais-je le re-con-natre ? 

 

Par-don pour vous, par-don pour eux, pour le si-lence

Et les mots_in-con-si-d-rs,

Pour les phra-ses ve-nant de l-vres_in-con-nues

Qui vous tou-chent de loin | com-me bal-les per-dues,

Et par-don pour les fronts qui sem-blent_ou-bli-eux.


 

Adonis : Psaume

1. A. Les cendres de nos jours jonchent la terre.

Nous avons vu le vent effacer nos traces

et nous avons murmur :

 Nous reprenons nos rendez-vous. 

Notre silence est sans trac,

nos paroles sans hritier.

 

2. B.  monde orn du rve et de la nostalgie !

Il y a besoin que naisse quelque chose.

Il y a une heure qui ne vient pas.

O trouveras-tu un nouveau jour ?

O trouveras-tu la rsurrection des racines,

la rsurrection des mers,

la rsurrection des noces et des rcitants ?

Un abme va, un abme vient

et le monde est un choix.

Quimporte le possible !

 

3 . C. Dans nos hymnes, nous cherchons un monde

qui commence l'extrmit du monde.

Demain, dans le feu et le printemps,

au-dessus de labme, nous btirons

et nous demeurerons dans le cratre du futur.

 

4. A-B. Notre ciel est de sable,

et sous nos pas, la terre est douce.

Nous, enfants de ce temps troit,

nous grandissons et les gens grandissent.

De la soie des pomes, nous tissons un nouveau ciel.

Nous poursuivons ailleurs.

 

5. B-C. Le manque, le manque nous sauve et guide nos pas.

Le manque est clart, et tout autre que lui nest que semblant.

Le manque nous unit ce qui n'est pas ntre.

Le manque accroche le visage des mers nos songes.

 

6. A-B-C. Notre feu approche de la ville.

Nous laverons le ventre du jour.

Notre feu s'avance.

Notre feu marche sur la ville.

 

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Dluge de langues

 

Arabe

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Latin

Hu-ma-num g-nus, fluc-tus im-p-tu-o-sus, di-lu-vi-um lin-gu-a-rum

Anglais

Humanity, swelling waves, floods of languages

Franais

Hu-ma-ni-t, | mas-ses d-fer-lantes | d-lu-ge de langues

 

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